« Explain Pain » fiche de lecture 6

Juste un petit rappel : ceci n’est pas une traduction complète du livre « Explain Pain », mais un résumé de lecture. Il est recommandé d’en faire la lecture complète, évidemment.

La transmission des messages

Un nombre critique de capteurs « ouverts » va amorcer la propagation du message

Les neurones répondent aux stimulations électriques. À chaque fois qu’un capteur s’ouvre et que des ions positifs y entrent, le neurone devient de plus en plus excité. Lorsque plusieurs capteurs s’ouvrent et que le niveau de stimulation devient critique, un influx nerveux très rapide passe dans le neurone. Cette stimulation électrique est le message ; on l’appelle le potentiel d’action. Les nerfs transmettent les messages grâce aux potentiels d’action et un potentiel d’action est un message unique.

Un neurone doit atteindre son « seuil » d’activation pour transmettre le message. Si plusieurs capteurs sont ouverts, mais que le neurone est encore sous le seuil d’activation, rien ne se passe. Dans un tel cas, un seul petit mouvement ou changement de température peut ouvrir d’autres capteurs et alors le message est transmis. Si ce neurone est spécialisé dans la transmission des messages de danger, un seul petit stimulus pourra l’emmener à son seuil d’activation et il transmettra son message de danger.

N’oublions pas que le seul message qui est transmis est celui de « danger » et non pas de « douleur ». La moelle épinière et le cerveau qui recevra l’information vont l’analyser et lui donner une signification particulière qui peut ou non inclure de la douleur.

 

Le message d’alarme atteint la moelle épinière

Lorsque le message arrive au bout du neurone, dans la moelle épinière, des substances chimiques sont libérées entre ce neurone et les neurones qui prendront le relais du message. C’est ce qu’on appelle une synapse.

Les synapses sont les espaces entre le bout d’un neurone et le début de l’autre. Plusieurs neurones peuvent converger vers un seul neurone dans le cerveau (un neurone pourrait provenir du pied, l’autre du genou). Il existe des neurones qui partent du cerveau et qui vont « bloquer » l’information au niveau de la synapse. Ainsi, le message de danger ne peut plus aller plus loin.

Chaque neurone qui transporte les messages de différents tissus aura des substances chimiques différentes. Disons que nous avons les substances A, B, C, et D. Les neurones qui prennent le relais et qui vont vers le cerveau possèdent des « ports » où peuvent s’attacher les différentes substances chimiques. Il faut que ce deuxième neurone ait un « port A » pour que la substance A qui provient du premier neurone puisse ouvrir le capteur du deuxième et y passer. Et ainsi de suite. Les neurones répondent donc à certaines substances, mais non à d’autres.

Les capteurs des neurones qui se rendent au cerveau

Certains capteurs des neurones de deuxième ordre sont à l’affût des informations quotidiennes, à mesure qu’elles arrivent. D’autres sont des capteurs qui possèdent une « mémoire ». D’autres sont des capteurs qui vont renforcer le message. Et finalement, d’autres seront renforcés par l’activation du système immunitaire. Par exemple, en cas de grippe, lorsque l’intégrité du corps est compromise, il est fréquent de développer plus de sensibilité.

Un exemple : si la substance qui est transmise par le premier neurone est « A », et que le neurone de deuxième ordre possède un « port A », le capteur s’ouvrira. Il faut toutefois attendre que le niveau d’excitation de ce deuxième neurone atteigne son seuil d’activation, son niveau critique, puis l’information sera transmise très rapidement au cerveau. On appelle ces neurones les neurones nocicepteurs de deuxième ordre.

Le tri au niveau des synapses

Les synapses dans la moelle épinière sont un peu comme un bureau de poste régional, où une grande quantité de messages peuvent être distribués. Cette activité régionale est sous le contrôle du cerveau, le bureau de poste central. En fait, le bureau de poste régional (la moelle épinière) peut être complètement fermé par le bureau de poste central (le cerveau) grâce à un métasystème très puissant de gestion du système d’alarme.

La pharmacie dans le cerveau

De quelle façon le cerveau peut-il contrôler la moelle épinière ? Une voie descendante qui provient du cerveau transporte des substances chimiques plus fortes que n’importe quelle drogue ou médicaments que vous pourriez ingérer ou vous faire injecter. Cette voie permet la distribution d’hormones « joyeuses », comme les opioïdes, la sérotonine et la morphine qui ont tous des formes différentes, donc qui stimulent des capteurs différents. Ces capteurs vont laisser sortir du neurone les ions chargés positivement, ce qui le rendra moins excité, donc moins apte à transmettre son message. Ainsi, les influx nerveux descendants réduisent l’intensité du signal d’alarme.

C’est grâce à ce système que vous pouvez gagner les olympiques, le championnat mondial ou cuisiner pour 20 personnes, alors que vous êtes blessé. La meilleure façon d’en tirer profit est de mieux le comprendre.

 

Le cerveau va traiter l’information, en même temps que plusieurs autres

Lorsque le signal de danger passe la synapse, il se rend au cerveau où il sera traité en même temps que plusieurs autres signaux. Le défi du cerveau est de construire une histoire, la plus plausible possible, basée sur l’information qui arrive et toutes celles qui sont déjà en mémoire. On peut penser à la douleur comme étant une partie de la réponse du cerveau à l’information qui lui est parvenue. Parmi d’autres réponses, on aura, par exemple, changer de position, transpirer, parler, etc.)

Ce que nous apprennent les expériences scientifiques qui se sont déroulées depuis les dix dernières années c’est que des centaines de parties du cerveau seront stimulées simultanément lors d’un événement douloureux. Quoiqu’il existe un modèle régulier, les parties du cerveau qui sont impliquées et l’intensité de l’activité cérébrale seront différentes pour chacun. Chaque douleur est une expérience unique.

Il n’existe pas « un centre de la douleur ». Plusieurs zones du cerveau peuvent être impliquées. Ce sont des « noyaux d’amorçage ».

Dans le cerveau, nous trouvons différents noyaux qui servent à la sensation, au mouvement, aux émotions et à la mémoire. La douleur utilise ces noyaux pour s’exprimer. Lors de douleurs chroniques, ils peuvent devenir très sensibles et c’est comme s’ils étaient pris en otage; ils sont alors utilisés comme des « neurosignatures » de la douleur (pain neurotag).

Dans le cerveau, plusieurs noyaux seront activés lors de la douleur. Chacun de ces noyaux est relié aux autres et crée un réseau, un peu comme l’image des destinations entre les villes dans les magazines des compagnies aériennes ; ce réseau est une neurosignature. Cette notion a été expliquée en premier lieu par Melzack lorsqu’il a décrit la neuromatrice.

Rappelons-nous que le message de danger n’est qu’un message parmi plusieurs autres qui se rendent au cerveau ; il n’est pas suffisant pour créer de la douleur. Un exemple : un membre fantôme est douloureux à l’air frais. Même si le membre n’y est plus, la même zone du cerveau montre de l’activité autant que s’il y était.

 

L’orchestre dans le cerveau

Pensez au cerveau comme à un orchestre qui peut jouer des milliers de mélodies, changer de rythme, en faire de nouvelles, refaire les anciennes, etc. La douleur peut être perçue comme une mélodie jouée par l’orchestre cérébral.

Un bon orchestre peut changer facilement de mélodie. Mais si une mélodie est répétée sans cesse, qu’elle devienne automatique, cela devient de plus en plus difficile de changer de refrain. La créativité se perd. Cet orchestre est notre cerveau qui physiquement possède ces caractéristiques :

• il est mou comme un jaune d’oeuf mollet
• il contient environ 100 millions de neurones qui peuvent chacun faire des milliers de connexions
• il y a plus de connexions possibles dans le cerveau que de particules dans l’univers
un neurone va s’allonger de 30% de sa longueur pour trouver un autre neurone (dans un bain de solution saline)
• les bébés font des millions de synapses par seconde
• 3 millions de synapses couvent la superficie d’une tête d’aiguille
• vous pourriez donner 10,000 synapses à chaque homme, femme et enfant de la planète et toujours fonctionner relativement bien
• chaque synapse est entourée d’une cellule immunitaire qui peut l’influencer, ainsi que 100,000 synapses environnantes

Alors, même si la douleur fait partie de votre vie, elle n’est qu’une partie de l’immense répertoire de l’orchestre !

 

Il existe plusieurs systèmes pour vous sortir du trouble

Le cerveau juge de la valeur de ce qu’il reçoit, et il y répond. Si vous êtes en danger, le cerveau peut faire intervenir différents systèmes pour vous protéger : par exemple, les muscles vous permettront de vous enfuir et la réaction sympathique aidera à la distribution du sang. D’autres systèmes existent : le système immunitaire et le système endocrinien travaillent en silence, mais avec attention. La douleur sera souvent associée avec la défaillance d’un de ces systèmes. Mais en cas de danger pour la vie, tous ces systèmes vont travailler très fort, de concert. Ils sont surtout efficaces pour de courtes périodes, tel un sprinter lors d’une course de 100 m. Cependant, si la douleur dure trop longtemps, la prolongation de l’activité de ces systèmes peut causer des problèmes. Ils ne sont pas destinés à faire des marathons.

« Expain Pain » fiche de lecture 5

Partie 2 : Notre fantastique système d’alarme

Introduction

Pendant des milliers d’années, nous avons développé un système d’alarme fantastique, qui détecte tous les changements dans le corps, même les plus minimes, et qui en avertit constamment le cerveau. Le cerveau répond presque toujours sans le recours à la conscience. Une partie de ce système sensoriel est le système d’alarme qui détecte tout changement suffisamment important pour qu’il soit dangereux. C’est de cette façon que le cerveau est averti des dangers. Ce système informera le cerveau d’où se situe le danger. Il nous informe de l’importance du danger et de sa nature (par exemple, une brûlure ou un pincement).

Nous devons nous réjouir de ce système d’alarme. Certaines maladies auront cependant un impact sur celui-ci, comme le diabète. La lèpre est aussi un exemple bien connu de maladie où ce système d’alarme fait complètement défaut (gangrène, difformité et perte des membres).

Rarement, voyons-nous ce système d’alarme défectueux dès la naissance, mais cela existe. Ceci représente un immense problème pour les personnes qui en souffrent, car elles ne sentent pas la douleur lorsque leur corps est en danger. Une pathologie grave, comme l’appendicite aiguë, peut passer inaperçu ce qui nous rappelle que même si la douleur est souvent très désagréable, elle est néanmoins nécessaire. Nous avons besoin de ce système d’alarme.

Notre système d’alarme possède en outre un grand pouvoir de sauvegarde. La vision, le goût, l’odorat et l’audition travaillent de concert pour éviter que le corps ne s’autodétruise. Un avantage certain que les humains possèdent par rapport aux autres animaux est la capacité de prédire le futur. Nous faisons appel à notre mémoire et à notre capacité à raisonner pour éviter les dangers avant qu’ils ne surviennent.

Le système d’alarme doit être régi par un centre de contrôle : le cerveau. Il est situé à l’endroit le plus sécuritaire du corps : ce coffre-fort constitué d’os, le crâne (les os crâniens sont les plus forts de notre corps). Il est aussi bien entouré d’un système hydraulique qui lui sert, entre autres, d’amortisseur.

Lorsque le système d’alarme est déclenché, par une petite coupure par exemple, cela ne signifie pas nécessairement qu’il y aura de la douleur. Le processus qui fait de ces alarmes un événement douloureux est beaucoup plus complexe.

 

Regardons de plus près ces signaux d’alarme

Le système nerveux possède des millions de capteurs. Ce sont comme des reporters, qui sont toujours en train de sentir et de surveiller partout. Ces capteurs se trouvent sur la membrane et au bout de chaque neurone ; ils permettent aux neurones de transporter de l’information.

Les capteurs sont parfois très spécialisés. Certains répondent à une force mécanique (M) comme la pression ou un pincement. D’autres répondent à un changement de température (T), vers le chaud ou vers le froid. Ou encore à un changement dans l’environnement chimique (C) externe (allergènes) ou interne (substances libérées par les cellules ou transportées dans le sang comme l’acide lactique par exemple). Lorsque les capteurs répondent à un stimulus, ils s’ouvrent et des particules chargées positivement peuvent entrer dans le neurone. Ceci produit un influx électrique dans le neurone.

Ces capteurs, avec ceux des yeux, des oreilles et du nez, sont votre première protection en cas de danger imminent. Votre cerveau sera averti par un ou par plusieurs de ceux-ci.

Les neurones aussi peuvent être spécialisés. Certains transmettent leur information beaucoup plus rapidement que d’autres. L’information que le neurone transmet est limitée. Par exemple, la moelle épinière reçoit des messages de ce type : « accroissement de la température dans ma zone » ou encore «  accroissement du niveau d’acidité dans ma zone » ou bien « DANGER dans ma zone ». Les sensations telles que nous les ressentons, comme « déchirant » ou « tirant » ou « douloureux » ou « lancinant » sont le produit du cerveau et de son analyse de la situation, qui est basée sur toutes les informations disponibles à ce propos, et non seulement par les informations signifiant un danger.

 

Information importante à propos des capteurs :

1- La plupart des capteurs sont dans le cerveau et ils réagissent plutôt à des stimulations chimiques. Mais commençons par ceux qui sont dans les muscles, les os et la peau.

2- Donc il y a trois types de capteurs : sensibles à la pression mécanique (M), à la température (T) ou aux substances chimiques (C). Il faut noter aussi qu’un capteur M peut être ouvert ou fermé par une substance chimique. Par exemple, lorsque vous allez chez le dentiste, il injecte une substance qui va fermer le capteur M; ce capteur ne pourra plus détecter les stimulations mécaniques. Cela signifie qu’aucune stimulation n’atteindra la moelle et par conséquent, le cerveau. D’autres substances chimiques peuvent garder un capteur ouvert : le poison de la piqûre d’un certain type de raie, qui d’après certains est l’expérience la plus douloureuse de leur vie, garde les capteurs ouverts.

3- LA VIE D’UN CAPTEUR EST COURTE : IL VIT PENDANT QUELQUES JOURS ET IL EST REMPLACÉ PAR UN AUTRE CAPTEUR. Cela signifie que votre sensibilité peut changer, et change, continuellement.

4- Les capteurs sont fabriqués sous la direction de l’ADN, qui possède plusieurs « recettes » de capteurs. Si, pour votre survie, votre cerveau décide que vous avez besoin d’une plus grande sensibilité, l’ADN pourra produire plus de capteurs qui réagissent à la chimie du stress : soit à l’adrénaline.

5- Le rythme auquel les capteurs sont fabriqués peut aussi changer. Si la demande diminue, la production diminue elle aussi.

 

Quel est le lien entre les capteurs et la douleur ?

Il n’existe pas de récepteurs à la douleur, et pas non plus de « nerfs de la douleur », de « voies de la douleur » ou de « centres de la douleur ». Cependant, il existe des neurones qui répondront à tous les types de stimuli, si ces stimuli sont suffisamment dangereux pour les tissus. L’activation de ces neurones particuliers va envoyer un signal vers la moelle, signal qui sera relayé vers le cerveau. C’est ce qu’on appelle la « nociception ». Cependant, la nociception n’est ni suffisante ni nécessaire à la douleur. Nous avons de la nociception qui se produit constamment dans notre corps, qui ne se termine pas toujours en douleur. Par exemple, le besoin de changer de position provient d’un message de danger qui a atteint la moelle.

La nociception est le précurseur le plus fréquent à la douleur, mais il est loin d’être le seul. Certaines pensées ou même certains endroits peuvent activer des signaux d’alarme directement dans le cerveau, sans qu’il y ait de nociception.

Donc, plusieurs capteurs sont enchâssés dans la membrane des neurones. La plupart sont sensibles à des stimulations précises (M), (T) et (C). Si plusieurs de ces capteurs sont ouverts, ils laissent passer des ions qui vont transmettre un message de danger à la moelle.

 

« Explain pain » fiche de lecture 4

Merci de votre patience ! Je viens de vivre 3 semaines sans ordinateur, quelle catastrophe !! Je me remet avec joie à ce projet, qui me permet d’apprendre beaucoup et j’espère que cela vous en apporte autant. Voici donc pour terminer le chapitre 1 de ce livre captivant :

Le fantôme intérieur ou le corps virtuel

70% des gens ayant subi une amputation vont ressentir des douleurs du membre amputé: les douleurs du membre fantôme. Ces douleurs existent non seulement lors d’amputation du bras ou de la jambe, mais des cas sont documentés relatant des douleurs du membre fantôme du sein, du pénis et de la langue.

Les sensations des membres fantômes sont complètement réelles : des démangeaisons, des douleurs et des picotements et elles peuvent s’aggraver selon le contexte.

Ces douleurs de membre fantôme sont une expression de la représentation de la cartographie des membres dans le cerveau. En effet, le cerveau possède plusieurs cartographies qui nous indiquent où et comment se trouve notre corps dans l’espace. Fermez les yeux et prenez la tasse devant vous. Vous pouvez le faire car le cerveau va utiliser votre « corps virtuel » pour guider votre « vrai corps ». Dans le cas des membres fantômes, ce qui ce produit est que même si la jambe n’y est plus, la jambe virtuelle est toujours présente dans le cerveau, ainsi que ses liens avec les autres parties du corps.

Même si vous êtes né sans membres, il est quand même possible de ressentir des douleurs de membres fantômes. Cela nous indique qu’il doit y avoir une représentation du corps dans le cerveau, dès la naissance. Ce corps virtuel continuera à se développer et à se raffiner au cours de la croissance. Par exemple, pour apprendre à frapper un ballon, la cartographie de la jambe devra se mettre en lien avec des zones du cerveau responsables de la coordination, de l’équilibre et de l’utilisation de certains muscles.

Des recherches utilisant l’imagerie ont démontré que les douleurs des membres fantômes sont associées avec des modifications importantes de l’organisation du cerveau. Il en est de même avec les douleurs chroniques : ces modifications vont entraîner des changements dans le corps virtuel.  Les zones du cerveau qui représentent le membre atteint ne seront plus aussi bien délimitées.

L’âge, le sexe et la culture face à la douleur

L’âge : il est en général admis par la médecine que les jeunes gens et les personnes âgées souffrent moins de la douleur que les adultes d’âge moyen. Ceci est faux. La réponse à la douleur se manifestera différemment dans chacun des groupes d’âge.

Les personnes de 60 ans et plus souffrent moins de douleurs dorsales, alors que les tissus sont plus atteints de dégénération et possiblement d’ostéoarthrite.

Le sexe : l’expérience de la douleur peut être influencée par des stéréotypes comme : le rôle de mère ou de père, porter des talons hauts, avoir un gros ventre ou de gros seins. Seul le rôle social change, la biologie est la même.

Il y a un mythe qui prétend que les femmes ont un seuil de la douleur plus bas que celui des hommes, jusqu’à ce que miraculeusement, lors de l’accouchement, il s’élève !! Il existe toujours dans le milieu médicale une tendance à moins « médicaliser » les douleurs vécues par les femmes que celles vécues par les hommes, et à plus « psychologiser » ces douleurs vécues par les femmes.

Il faut souligner que la plupart des recherches sur la douleur ont été faites par des hommes, sur des animaux mâles. Peut-être que notre compréhension changera lorsque les paramètres de ces recherches changeront.

La culture : les initiations sont un exemple parfait pour expliquer les influences culturelles. Bien que lors de certaines initiations des blessures sévères puissent être infligées, la douleur n’a pas sa place lorsqu’il s’agit d’entrer dans le monde adulte ou de se rapprocher de Dieu (crucifixions volontaires).

La douleur que vous ressentez ne pourra jamais être celle ressentie par quelqu’un d’autre, même pas par votre professionnel de la santé.

« Explain Pain » fiche de lecture 3

On continue avec la suite du chapitre 1. Vous êtes déjà quelques-uns à vous être abonné à ces articles et je suis bien contente, cela m’encourage à continuer ! Pour l’instant, on est encore dans le facile, le général (quoique très informatif). Ça va se corser un peu dans 2 chapitres !!! Bonne lecture

Histoires incroyables, suite

La douleur est en effet très complexe. Que dire du syndrome de la couvade, où le père expérimente les malaises de la grossesse et même les douleurs de l’accouchement ?

C’est un fait que l’acupuncture peut réduire les douleurs ; mais il est aussi démontré que cela fonctionne mieux lorsque le thérapeute est un homme chinois et qu’il traite une femme chinoise, en Chine. Et que cela ne fonctionne pas, ou beaucoup moins, lorsque le thérapeute est une femme, non-chinoise qui traite un homme chinois, ailleurs qu’en Chine.

L’hypnose aussi est fascinante. Nombreuses sont les histoires documentées de gens ayant subi une chirurgie sous hypnose, sans ressentir de douleur. Comment est-ce possible ? Les tissus qui sont coupés au scalpel vont quand même envoyer un message de danger au cerveau et pourtant, il n’y a pas de douleur !

La consommation d’aspirine annuelle représente 100 milliards de comprimé (40,000 tonnes). Si on les alignait les uns derrière les autres, la ligne mesurerait un million de kilomètres, suffisamment pour aller de la terre à la lune, aller-retour.

On sait aussi que la forme et la couleur du comprimé aura une influence sur l’efficacité du médicament.

Il faut insister sur le fait que la douleur dépend de plusieurs facteurs et que c’est le cerveau qui décide si quelque chose va être douloureux ou non. 100% du temps, sans exception.

La douleur dépend du contexte

Toutes les informations sensorielles doivent être évaluées par le système nerveux. Cette évaluation implique la mémoire, le raisonnement et l’émotivité et elle doit comporter un élément de réponse aux conséquences potentielles.

Le contexte où apparaît la douleur est critique : une blessure à un doigt sera plus douloureuse chez un violoniste que chez un danseur, surtout si c’est un doigt de la main gauche. Un autre exemple : un stimulus douloureux vous causera plus de douleur si l’on vous dit qu’il provient d’un élément chaud plutôt que d’un élément froid. Un stimulus sera plus douloureux dans un environnement où la lumière est rouge que dans un environnement où la lumière est bleue.

Si vous marchez sur un clou dans le jardin, il peut y avoir de la douleur, ou non. Le cerveau doit décider de la meilleure option pour vous à ce moment précis. Il y a des choses à évaluer sur le coup : y a-t-il d’autres clous, avez-vous peur de la gravité de la blessure, de l’infection, devez-vous protéger quelqu’un d’autre ? Ça ne fera probablement pas mal si un serpent menaçant reste là, à vous regarder.

La façon dont le cerveau analyse la douleur physique et la douleur émotionnelle est similaire. Une expérience douloureuse comme une peine ou le rejet de la part d’une personne aimée comporte une charge émotive très grande ; il y aura des conséquences physiques, comme des changements dans la tension musculaire et une diminution de la capacité des cellules à se régénérer. Un autre exemple : un homme qui se blesse au travail mais dont le patron ou le médecin ne reconnaissent pas l’état pathologique peut exprimer une très forte émotion avec des répercussions physiques.

Pour bien traiter la douleur, on doit connaître le contexte. Ce sont des signaux qui vont stimuler l’apparition d’une douleur. Ce sont des signaux d’amorçage !

L’identification des signaux d’amorçage est essentielle.

Voici d’autres exemples :

Souffrir de douleurs au travail est assez commun. Pourtant, la douleur peut être pire si le patron est présent, et selon votre relation avec lui. Elle peut aussi dépendre des rôles de chacun, du sexisme ambiant, de la charge de travail ou de l’ergonomie. Un bouton au visage vous apparaîtra plus gros et plus douloureux si vous avez une réunion d’affaire cette journée-là, ou bien si vous avez une photo à faire prendre de vous.

La douleur dépend de la cause qu’on lui attribue : suite à une chirurgie au sein, la douleur sera plus importante si la patiente l’attribue à un retour du cancer qu’à une autre cause, peu importe la cause réelle.

Ou encore : on demande à des volontaires de placer leur tête à l’intérieur d’un faux stimulateur et on leur dit qu’un courant électrique va y passer. La douleur augmente à mesure qu’on leur dit que l’intensité du courant augmente ; mais en fait, ils n’ont reçu aucune stimulation.

Le fait de ne pas comprendre et de ne pas savoir accroît la peur. Si l’on ne peut pas voir ce qui se passe, lors d’une blessure profonde par exemple, et si l’on ne comprend pas, la douleur va augmenter. Au contraire, si l’on explique au patient qu’il ressentira de la douleur durant la chirurgie et que c’est normal, on aura besoin de moins d’anesthésie et la récupération sera plus rapide.

L’intensité de la douleur sera aussi influencée par l’entourage. Lors d’expériences sur la douleur, les hommes montrent définitivement un seuil de tolérance à la douleur plus élevé lorsque l’expérience est conduite par une femme. Dans une autre expérience, les hommes sont accompagnés de leur femme : ceux dont la femme est aimante et attentive ressentent plus de douleur que ceux dont la femme est plutôt indifférente. Pourquoi ?

Les dentistes le savent : souvent, les patients qui prennent un rendez-vous urgent pour un mal de dents n’auront plus mal lorsqu’ils arriveront au cabinet. Est-ce le prix des soins dentaires ?

« Explain Pain » fiche de lecture 2

Partie 1

La douleur est un phénomène normal

Il y a 400 ans, René Descartes affirmait un dualisme entre l’âme et le corps – ou une division entre le corps et l’esprit. Cette théorie est encore à la base de la plupart des modèles de traitements de la douleur. Aujourd’hui, on en connaît suffisamment sur le cerveau pour dire que cette séparation entre le corps et l’esprit n’existe pas et qu’on pourrait avantageusement changer de théorie sur laquelle baser les méthodes de traitements.

Les douleurs de morsure, de posture, les entorses et les foulures sont de simples douleurs « routinières » qu’on peut facilement associer à un changement dans les tissus. Le cerveau décide que le tissu est en danger et qu’une action est requise, et cela inclut des changements dans le comportement qui vont dans le sens du rétablissement. La mémoire de cette douleur peut aussi vous protéger et vous éviter de refaire la même erreur.
Mais la douleur peut être un phénomène beaucoup plus complexe. Toutes les douleurs, mais aussi toutes les expériences, impliquent une contribution de la pensée et des émotions. Nous avons besoin que le cerveau nous aide à comprendre pourquoi les émotions, les pensées, les croyances et les comportements sont importants dans la douleur.

Nous avons besoin de comprendre le cerveau pour comprendre la douleur, surtout celle qui persiste, qui s’étend, qui est imprévisible. Si nous voulons comprendre la douleur, nous devons passer par le cerveau.

20 % de la population sur la planète souffre de douleur chronique (de plus de 3 mois).

Si vous souffrez actuellement, il est difficile de comprendre à quoi cette douleur pourrait servir. Il faut comprendre pourquoi le cerveau en a décidé ainsi.

Histoires incroyables

L’intensité de la douleur que vous ressentez ne correspond pas nécessairement à la gravité des blessures ou dommages que vous avez subis. Il existe de nombreuses histoires de personnes ayant subi des blessures importantes sans ressentir aucune douleur.

 Mais l’inverse est vrai aussi : si vous vous êtes coupé avec du papier, vous avez sûrement ressenti cette douleur intense, à se demander comment une si petite coupure pouvait faire aussi mal.

Il est évident que ce qui se passe dans les tissus n’est qu’une partie de l’expérience de la douleur.

Prenons le cas de douleurs dorsales : il a été démontré que les dommages causés aux disques intervertébraux et aux nerfs sont rarement proportionnels à la douleur expérimentée. Plusieurs d’entre nous avons des hernies discales, même des pincements des nerfs, sans aucun symptôme. Des changements dans les tissus font partie de la vie ; ils n’ont pas à être douloureux ni à vous empêcher d’être actif et fonctionnel. Lorsqu’il n’y a pas de douleur, c’est que le cerveau n’a pas perçu comme une menace les changements dans les tissus.

« Explain Pain » fiche de lecture 1

Pour avancer tranquillement dans la compréhension des thérapies de la somesthésie, il faut lire et apprendre les plus récentes recherches et découvertes en neurosciences. C’est ainsi que nous deviendrons de meilleurs thérapeutes.

Dans ce blog, je vous ferai un résumé de lecture de livre « Explain Pain« , écrit par David S. Butler et G. Lorimer Moseley et publié en Australie par « Noigroup Publications ». L’édition que j’ai lue est la deuxième, publiée en 2013. Il vient de paraître la troisième et un jour je mettrai mes résumés de lecture à jour. D’ici là, beaucoup beaucoup à apprendre. (Dans le blog de www.techniquebowen.com, on fait le résumé de lecture de « How do you feel » de A.D. Craig et dans le blog de www.dermoneuromodulation.fr, on fait le résumé de lecture de « Brain Architecture » de Larry W. Swanson). Ce ne sont pas des traductions de ces livres, mais des points forts de chaque chapitre, avec parfois des commentaires.

Ainsi, lorsque je le croirai pertinent,  je vais me permettre de faire des liens avec ce que nous faisons en thérapie manuelle, que ce soit Bowen, Niromathé, DNM ou autres techniques. Le patient a toujours la même physiologie de toute façon. Les textes des livres seront en italiques. Mes commentaires en écriture normale. Ce travail durera plusieurs semaines, abonnez-vous aux blogs pour recevoir les articles à mesure qu’ils seront publiés. Vous pouvez aussi partager sur Facebook !!

Louise Tremblay

Introduction :

Personne ne veut sentir de la douleur. Son côté déplaisant est ce qui la rend si efficace. Elle vous protège en vous avertissant du danger. Elle vous fait bouger, penser et réagir différemment, ce qui est vital pour le rétablissement.

L’expérience de la douleur est normale et, quoique déplaisante, elle est une réponse parfaite face à ce que votre cerveau juge comme étant menaçant.

Si votre cerveau pense qu’il n’y a pas de danger, vous ne sentirez pas de douleur, même si des parties du corps (incluant le système nerveux ou le système immunitaire) sont atteintes. Au contraire, vous sentirez de la douleur, même s’il n’y a aucun problème d’aucun tissu, mais seulement si le cerveau vous pense en danger.

La douleur apparaît lorsque le système d’alarme du corps signale au cerveau une blessure tissulaire actuelle ou potentielle. La douleur n’est qu’une réaction parmi plusieurs autres réactions de défense et de protection. Mais c’est le signal, un signe avant-coureur qui indique qu’il se passe quelque chose.

Elle est si efficace que vous ne pouvez rien faire d’autre que la sentir. Si le cerveau pense que sentir la douleur n’est pas la chose la plus efficace sur le coup, vous ne sentirez pas de douleur, peu importe la gravité de la blessure.

Plusieurs mythes entourent la douleur. La plupart des gens, et ceci incluent les professionnels et les thérapeutes, n’en ont pas une compréhension moderne. C’est dommage car comprendre la douleur vous aidera à mieux la traiter.

Deux points importants : 1- la biologie de la douleur peut être facilement comprise par monsieur ou madame Tout-le-monde. 2- comprendre la physiologie de la douleur change la perception qu’on en a, la rend moins menaçante, et facilite sa gestion.