« Explain Pain » fiche de lecture 3

On continue avec la suite du chapitre 1. Vous êtes déjà quelques-uns à vous être abonné à ces articles et je suis bien contente, cela m’encourage à continuer ! Pour l’instant, on est encore dans le facile, le général (quoique très informatif). Ça va se corser un peu dans 2 chapitres !!! Bonne lecture

Histoires incroyables, suite

La douleur est en effet très complexe. Que dire du syndrome de la couvade, où le père expérimente les malaises de la grossesse et même les douleurs de l’accouchement ?

C’est un fait que l’acupuncture peut réduire les douleurs ; mais il est aussi démontré que cela fonctionne mieux lorsque le thérapeute est un homme chinois et qu’il traite une femme chinoise, en Chine. Et que cela ne fonctionne pas, ou beaucoup moins, lorsque le thérapeute est une femme, non-chinoise qui traite un homme chinois, ailleurs qu’en Chine.

L’hypnose aussi est fascinante. Nombreuses sont les histoires documentées de gens ayant subi une chirurgie sous hypnose, sans ressentir de douleur. Comment est-ce possible ? Les tissus qui sont coupés au scalpel vont quand même envoyer un message de danger au cerveau et pourtant, il n’y a pas de douleur !

La consommation d’aspirine annuelle représente 100 milliards de comprimé (40,000 tonnes). Si on les alignait les uns derrière les autres, la ligne mesurerait un million de kilomètres, suffisamment pour aller de la terre à la lune, aller-retour.

On sait aussi que la forme et la couleur du comprimé aura une influence sur l’efficacité du médicament.

Il faut insister sur le fait que la douleur dépend de plusieurs facteurs et que c’est le cerveau qui décide si quelque chose va être douloureux ou non. 100% du temps, sans exception.

La douleur dépend du contexte

Toutes les informations sensorielles doivent être évaluées par le système nerveux. Cette évaluation implique la mémoire, le raisonnement et l’émotivité et elle doit comporter un élément de réponse aux conséquences potentielles.

Le contexte où apparaît la douleur est critique : une blessure à un doigt sera plus douloureuse chez un violoniste que chez un danseur, surtout si c’est un doigt de la main gauche. Un autre exemple : un stimulus douloureux vous causera plus de douleur si l’on vous dit qu’il provient d’un élément chaud plutôt que d’un élément froid. Un stimulus sera plus douloureux dans un environnement où la lumière est rouge que dans un environnement où la lumière est bleue.

Si vous marchez sur un clou dans le jardin, il peut y avoir de la douleur, ou non. Le cerveau doit décider de la meilleure option pour vous à ce moment précis. Il y a des choses à évaluer sur le coup : y a-t-il d’autres clous, avez-vous peur de la gravité de la blessure, de l’infection, devez-vous protéger quelqu’un d’autre ? Ça ne fera probablement pas mal si un serpent menaçant reste là, à vous regarder.

La façon dont le cerveau analyse la douleur physique et la douleur émotionnelle est similaire. Une expérience douloureuse comme une peine ou le rejet de la part d’une personne aimée comporte une charge émotive très grande ; il y aura des conséquences physiques, comme des changements dans la tension musculaire et une diminution de la capacité des cellules à se régénérer. Un autre exemple : un homme qui se blesse au travail mais dont le patron ou le médecin ne reconnaissent pas l’état pathologique peut exprimer une très forte émotion avec des répercussions physiques.

Pour bien traiter la douleur, on doit connaître le contexte. Ce sont des signaux qui vont stimuler l’apparition d’une douleur. Ce sont des signaux d’amorçage !

L’identification des signaux d’amorçage est essentielle.

Voici d’autres exemples :

Souffrir de douleurs au travail est assez commun. Pourtant, la douleur peut être pire si le patron est présent, et selon votre relation avec lui. Elle peut aussi dépendre des rôles de chacun, du sexisme ambiant, de la charge de travail ou de l’ergonomie. Un bouton au visage vous apparaîtra plus gros et plus douloureux si vous avez une réunion d’affaire cette journée-là, ou bien si vous avez une photo à faire prendre de vous.

La douleur dépend de la cause qu’on lui attribue : suite à une chirurgie au sein, la douleur sera plus importante si la patiente l’attribue à un retour du cancer qu’à une autre cause, peu importe la cause réelle.

Ou encore : on demande à des volontaires de placer leur tête à l’intérieur d’un faux stimulateur et on leur dit qu’un courant électrique va y passer. La douleur augmente à mesure qu’on leur dit que l’intensité du courant augmente ; mais en fait, ils n’ont reçu aucune stimulation.

Le fait de ne pas comprendre et de ne pas savoir accroît la peur. Si l’on ne peut pas voir ce qui se passe, lors d’une blessure profonde par exemple, et si l’on ne comprend pas, la douleur va augmenter. Au contraire, si l’on explique au patient qu’il ressentira de la douleur durant la chirurgie et que c’est normal, on aura besoin de moins d’anesthésie et la récupération sera plus rapide.

L’intensité de la douleur sera aussi influencée par l’entourage. Lors d’expériences sur la douleur, les hommes montrent définitivement un seuil de tolérance à la douleur plus élevé lorsque l’expérience est conduite par une femme. Dans une autre expérience, les hommes sont accompagnés de leur femme : ceux dont la femme est aimante et attentive ressentent plus de douleur que ceux dont la femme est plutôt indifférente. Pourquoi ?

Les dentistes le savent : souvent, les patients qui prennent un rendez-vous urgent pour un mal de dents n’auront plus mal lorsqu’ils arriveront au cabinet. Est-ce le prix des soins dentaires ?

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